Jeudi 26
Systématique moléculaire

› 16:20 - 16:45 (25min)
Les taxons fossiles ont-ils des propriétés intéressantes dans l'analyse cladistique de caractères anatomiques ?
Mathieu Faure-Brac  1, 2, *@  , Donald Davesne  2, *@  
1 : Muséum national d'Histoire naturelle
Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), Université Pierre et Marie Curie (UPMC) - Paris VI
2 : Department of Earth Sciences, University of Oxford
* : Auteur correspondant

Le rôle des taxons fossiles dans la reconstruction phylogénétique a été abondamment discuté dès lors que les systématiciens ont adopté la méthode cladistique. Les arguments couramment invoqués pour justifier leur importance incluent l'apport de nouvelles combinaisons d'états de caractère et d'informations sur la polarité de ces derniers. Ces arguments ont été formulés de nouveau ces dernières années, de nombreuses découvertes de fossiles anciens et exceptionnellement préservés ayant permis leur incorporation dans des études cladistiques portant sur les relations profondes de clades comme les annélides, les arthropodes ou les mollusques.
Dans ce cadre, nous nous interrogeons sur les propriétés supposées des taxons fossiles. Peut-on les observer empiriquement ? Etant donné que tout nouveau taxon incorporé à une analyse cladistique est susceptible d'y apporter de nouvelles combinaisons d'états de caractère, il ne semble pas que cette propriété soit inhérente aux fossiles. Qu'en est-il de l'information sur la polarité des états de caractère ?
Nous émettons les hypothèses suivantes : 1) les fossiles apportent cette information en raison de leur âge stratigraphique, plus proche de celui de l'ancêtre commun hypothétique du clade étudié; 2) si les fossiles apportent cette information, alors ils permettront de résoudre les relations de parenté profonde au sein du clade alors que les actuels ne le permettront pas.
Pour tester ces hypothèses, nous ré-analysons plusieurs jeux de données anatomiques publiés portant sur des clades divers (téléostéens, chéloniens, annélides, arthropodes...) en partitionnant les taxons selon leur âge stratigraphique. Dans la plupart des cas, la partition des fossiles les plus anciens permet d'obtenir une topologie qui est largement compatible avec celle de la partition incluant l'ensemble de taxons. Ce n'est pas nécessairement vrai dans le cas de la partition incluant les taxons actuels uniquement. Cette propriété s'observe également si la topologie est comparée avec celle des études moléculaires. Il semble donc bien que les taxons fossiles soient généralement plus informatifs que les taxons actuels en ce qui concerne la polarité des états de caractère pour résoudre des relations phylogénétiques dans le temps profond.


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