Mercredi 25
Développements et applications des MPC

› 16:40 - 17:20 (40min)
Evolution de la transparence des ailes chez les Lépidoptères mimétiques
Charline Pinna  1@  
1 : Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité  (ISYEB)  -  Site web
CNRS : UMR7205, Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) : UMR7205, EPHE, Université Pierre et Marie Curie [UPMC] - Paris VI
45 rue Buffon 75005 Paris -  France

Chez les lépidoptères, généralement opaques du fait de leurs ailes recouvertes d'écailles, plusieurs espèces ont des ailes partiellement voire totalement transparentes, la transparence étant apparue plusieurs fois indépendamment. Curieusement, certaines de ces espèces sont aposématiques (toxiques et portant des motifs colorés visibles pour les prédateurs) et convergent localement entre elles pour leurs motifs colorés, formant des cercles mimétiques. Dans la littérature, différentes structures d'écailles ont été recensées chez différentes espèces aux ailes transparentes (écailles transformées en poil, écailles dressées, absence d'écaille, écailles transparentes). Des nanostructures présentes à la surface de la membrane alaire, qui permettent de diminuer la réflexion de la lumière et donc d'augmenter la transparence, ont également étaient décrites chez certains papillons.
Dans le cadre du mimétisme müllerien, nous nous sommes donc demandé d'une part comment la transparence était réalisée et d'autre part dans quelle mesure les propriétés optiques des ailes transparentes étaient convergentes au sein des cercles mimétiques. Pour répondre à ces questions, nous avons mené la première étude comparative de la transparence chez les lépidoptères en travaillant sur 57 espèces, appartenant à 6 familles différentes et réparties en 11 cercles mimétiques. Afin de tester le lien entre les structures (écailles et nanostructures) et les propriétés optiques des ailes, nous avons réalisé des analyses comparatives (PGLS) pour prendre en compte l'apparentement des espèces entre elles. Pour estimer la convergence des propriétés optiques entre les cercles mimétiques, nous avons eu recours à une ANOVA phylogénétique.
Les résultats de cette étude ont montré que la transmission de la lumière, une mesure de la transparence, augmente quand la couverture de la membrane par les écailles diminue et quand la membrane est recouverte de nanostructures, suggérant que la transparence est le résultat de modifications des structures des ailes. Les résultats de l'ANOVA phylogénétique ne montrent pas de convergence des propriétés optiques au sein des cercles mimétiques, ce qui suggère que les propriétés optiques de ces zones ne sont pas directement impliquées dans le signal aposématique. Nous nous apprêtons maintenant à reconstruire les états ancestraux des différentes propriétés structurales et optiques des ailes, à comparer les taux de diversification des lignées transparentes et non-transparentes et tester des hypothèses quant aux fonctions de la transparence chez les lépidoptères mimétiques transparents.


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